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Titre :
Le fantôme derrière le rideau
Publication :
12 Décembre 2011
Langue :
Français
Auteur :
Patrick Langlois
Résumé
Le Domaine des Sorbiers, qu'on croyait inhabité, recèle un mystère : une fantomatique jeune fille au teint blafard semble y avoir élu domicile. Mais le manoir est aussi fréquenté par le mystérieux couple à la voiture noire. La Confrérie de l'As de Pique, emmenée par Cornélius, décide de mener une enquête, qui va s'avérer dangereuse.
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Mercredi
22 Février
2012

le fantôme derrière le rideau

Chapitre 4. Stella Vandenberg

Quand il revint à lui, Cornélius était affalé dans un fauteuil en vieux cuir marron qui sentait la cire et qui était recouvert d'un plaid qui grattait. Progressivement il put distinguer des formes assises le long d'une longue table en bois.
Il reconnut Gordo et Binocle. Ils sirotaient tranquillement une orangeade sans se rendre compte qu'un géant moustachu se tenait juste derrière eux. Il fallait les avertir du danger ! Mais dans son mouvement pour se relever une douleur fulgurante à l'arrière de la tête le rejeta dans le fauteuil.
« Ça va passer... » bougonna le moustachu en uniforme.
Il parlait à une tête blonde qui paraissait tout juste émerger de la table et qui le regardait avec réprobation. Puis la tête se déplaça rapidement le long de la table, en direction de Cornélius.
Il comprit quand elle dépassa le meuble qui la masquait : la jeune fille de la chambre était dans un fauteuil roulant.
Arrivée à sa hauteur, elle lui expliqua :
« En fait vous aviez partiellement raison, je suis prisonnière, mais pas des gens de la voiture noire – ce sont mes parents. Je suis... handicapée. »
Le mot était sorti avec difficulté de sa bouche. Elle poursuivit :
« Hugo ici présent, qui est notre majordome, a entendu mon cri quand je vous ai découvert dans ma chambre. Il a pensé que j'étais en danger et il est intervenu... heu... efficacement. Il a ensuite trouvé vos deux amis qui attendaient en bas de l'échelle et les a amenés ici, dans la salle de séjour. Je lui ai expliqué ce que j'ai compris de votre histoire. Maintenant je vais peut-être savoir comment vous vous appelez ? »
Cornélius se sentait inconfortable avec ce vouvoiement, mais il fit les présentations :
« Moi je m'appelle Cornélius Tournel. Lui c'est Benoît Gordeau, on l'appelle simplement Gordo. Et lui, avec les lunettes, c'est Clovis Mazal, mieux connu sous le nom de Binocle. Et toi ?... »
Il espérait qu'une fois les présentations faites, on pouvait se tutoyer.
« Moi je m'appelle Stella. Stella Vandenberg. »
Devant l'air perplexe du garçon, elle continua :
« Mes parents ont décidé de venir s'établir ici après l'accident qui m'a laissée dans cet état, il paraît que c'est mieux pour moi de changer d'environnement. »
Un voile sembla passer devant ses yeux et la petite lueur qui animait son regard bleu disparut.
« Alors tu vas vivre ici tout le temps, s'exclama Gordo. C'est super, tu vas aller à l'école avec nous !
– Non, je ne vais pas à l'école publique, j'ai un précepteur... »
Tout s'expliquait, mais Cornélius ressentait comme un malaise avec cette fille. Il la trouvait sympathique malgré ses manières un peu hautaines, mais il lisait parfois dans son regard une tristesse infinie. Il intervint brutalement :
« Alors tu comptes rester enfermée ici tout le temps. Tu crois que c'est bien de vivre toute seule ? T'as pas d'amis ? »
Elle le coupa avec le même ton cassant :
« Quand on n'est pas comme les autres, on n'a pas d'amis.
– T'es pas bonne en calcul, toi, va falloir changer de percepteur, rétorqua Gordo. Rien qu'ici t'en a déjà trois, des amis. »
Sa répartie lui redonna le sourire, elle expliqua :
« On dit “précepteur”, c'est une sorte de professeur particulier, percepteur c'est autre chose, c'est celui qui collecte les impôts... »
Cornélius n'avait pas vraiment envie d'une leçon de grammaire, surtout avec le mal de tête qui continuait à le tarauder. Un coup d'œil vers une des fenêtres lui fournit l'excuse qu'il cherchait. Il était déjà tard, il était temps de prendre congé de Stella Vandenberg. En fait, il ne voulait surtout pas se retrouver nez à nez avec ses parents.
Elle les accompagna le long d'un couloir qui menait jusqu'à une immense porte, celle qui donnait sur l'escalier de pierre.
Au moment de se quitter, elle se pencha vers Cornélius et lui murmura tout bas :
« Tu reviendras ?.. »
Fin de l'histoire
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