Les Chroniques de l'Etang
Lundi
21 Mai
2012
e fantôme derrière le rideau
Chapitre 2. La Confrérie mène l'enquête
Le moment d'émotion passé, les trois As de Pique, comme ils s'étaient eux-mêmes appelés, décidèrent qu'il fallait en avoir le cœur net.
Ils quittèrent leur repaire et s'approchèrent avec circonspection de la propriété. Comme d'habitude, c'était Gordo le moins enclin à prendre de risques. Malgré sa force et sa corpulence, il n'avait rien d'un aventurier et c'était souvent à son corps défendant qu'il se laissait entraîner dans les histoires rocambolesques de ses deux compagnons. Et si Cornélius était l'intrépide du groupe, Binocle en était l'intellectuel. Il avait un esprit analytique qui tempérait l'imagination parfois exubérante des deux autres.
C'est lui qui, au travers de la grille, bien avant de pénétrer dans la propriété, découvrit des traces de pneus dans l'allée rectiligne qui traversait le parc. Il en avait logiquement déduit que la demeure n'était pas, comme l'avait avancé Gordo, si abandonnée que cela.
Malgré les réticences de ce dernier, ils décidèrent d'entrer malgré tout. Ce serait par le même chemin qu'avait emprunté Cornélius auparavant.
Quelques minutes plus tard, alors qu'ils étaient tapis derrière les buissons à observer les fenêtres, un grincement sinistre leur dressa les cheveux sur la tête. C'était le portail de fer qu'on ouvrait pour laisser passer une automobile. Elle roula au ralenti sur le gravier de l'allée qui mène au grand escalier. Ils n'y connaissaient rien, mais elle avait l'air d'une voiture de luxe. Elle était toute noire avec des vitres fumées qui empêchaient de voir à l'intérieur.
A peine le véhicule les eut dépassés que Gordo et Binocle faisaient demi-tour précipitamment et escaladaient le mur effondré, en s'égratignant au passage sur les ronces. Malgré la peur, Cornélius ne bougea pas. Il voulait savoir qui étaient les occupants de la voiture noire.
Ils quittèrent leur repaire et s'approchèrent avec circonspection de la propriété. Comme d'habitude, c'était Gordo le moins enclin à prendre de risques. Malgré sa force et sa corpulence, il n'avait rien d'un aventurier et c'était souvent à son corps défendant qu'il se laissait entraîner dans les histoires rocambolesques de ses deux compagnons. Et si Cornélius était l'intrépide du groupe, Binocle en était l'intellectuel. Il avait un esprit analytique qui tempérait l'imagination parfois exubérante des deux autres.
C'est lui qui, au travers de la grille, bien avant de pénétrer dans la propriété, découvrit des traces de pneus dans l'allée rectiligne qui traversait le parc. Il en avait logiquement déduit que la demeure n'était pas, comme l'avait avancé Gordo, si abandonnée que cela.
Malgré les réticences de ce dernier, ils décidèrent d'entrer malgré tout. Ce serait par le même chemin qu'avait emprunté Cornélius auparavant.
Quelques minutes plus tard, alors qu'ils étaient tapis derrière les buissons à observer les fenêtres, un grincement sinistre leur dressa les cheveux sur la tête. C'était le portail de fer qu'on ouvrait pour laisser passer une automobile. Elle roula au ralenti sur le gravier de l'allée qui mène au grand escalier. Ils n'y connaissaient rien, mais elle avait l'air d'une voiture de luxe. Elle était toute noire avec des vitres fumées qui empêchaient de voir à l'intérieur.
A peine le véhicule les eut dépassés que Gordo et Binocle faisaient demi-tour précipitamment et escaladaient le mur effondré, en s'égratignant au passage sur les ronces. Malgré la peur, Cornélius ne bougea pas. Il voulait savoir qui étaient les occupants de la voiture noire.
« Tu sais que ça s'appelle entrer avec effraction et que c'est punissable par la loi, lui chuchota Binocle d'un ton lourd de reproches quand il apparut enfin de l'autre côté du mur. Qu'est-ce que tu as vu ?.. »
En fait, il n'avait pas vu grand-chose : un homme et une femme, vêtus avec élégance, et ils étaient entrés par la grande porte. Mais Binocle avait raison, ils avaient pris assez de risques pour aujourd'hui, il était temps de rentrer au village.
En fait, il n'avait pas vu grand-chose : un homme et une femme, vêtus avec élégance, et ils étaient entrés par la grande porte. Mais Binocle avait raison, ils avaient pris assez de risques pour aujourd'hui, il était temps de rentrer au village.
Pendant le dîner, Cornélius entreprit de questionner sa mère à propos du manoir abandonné. Elle devait en savoir beaucoup puisqu'elle travaillait à la mairie.
Effectivement, il apprit que la propriété venait d'être rachetée par un couple apparemment fortuné, et qu'ils venaient de Saint Amelot, une grande cité située à une soixantaine de kilomètres de Morneville.
« Ils n'ont pas d'enfants ? feignit de s'étonner Cornélius.
– Pas que je sache, répondit sa mère de sa voix douce. Mais pourquoi tu t'intéresses tant à cette maison ? Tu n'as pas prévu d'y faire des bêtises, au moins ?
– Heu... Non. C'est juste qu'aujourd'hui je suis passé devant et que j'ai vu leur voiture. Je croyais qu'elle était inhabitée, c'est tout. » répondit-il innocemment avant de sortir de table.
Effectivement, il apprit que la propriété venait d'être rachetée par un couple apparemment fortuné, et qu'ils venaient de Saint Amelot, une grande cité située à une soixantaine de kilomètres de Morneville.
« Ils n'ont pas d'enfants ? feignit de s'étonner Cornélius.
– Pas que je sache, répondit sa mère de sa voix douce. Mais pourquoi tu t'intéresses tant à cette maison ? Tu n'as pas prévu d'y faire des bêtises, au moins ?
– Heu... Non. C'est juste qu'aujourd'hui je suis passé devant et que j'ai vu leur voiture. Je croyais qu'elle était inhabitée, c'est tout. » répondit-il innocemment avant de sortir de table.
Le lendemain, à la lumière des informations récoltées, les suppositions allaient bon train entre les trois compères.
De son côté, Binocle s'était penché sur le passé de la maison que son docteur de père connaissait bien, et il était formel : on n'y avait jamais reporté de mort violente, il n'y avait même jamais eu de jeune fille y ayant séjourné. La thèse du revenant battait de l'aile. La théorie qu'avait ensuite émise Gordo selon laquelle ce pouvait être le fantôme de la fille décédée des nouveaux propriétaires n'avait pas de sens non plus. Les fantômes revenaient en général hanter les lieux où ils avaient vécu, pas une nouvelle résidence.
Et si c'étaient des kidnappeurs ?..
L'idée était intéressante et elle se tenait. La jeune fille que Cornélius avait vue serait retenue prisonnière par le couple à la voiture noire et ils attendraient une rançon. Ou alors on aurait affaire à des psychopathes qui prenaient un plaisir sadique à torturer leur victime, ce qui expliquerait l'apparence fantomatique de la jeune fille. Gordo l'avait vu dans un film.
Encore une fois, ce fut Binocle et sa logique implacable qui eut le dernier mot. S'il y avait une fille qui vivait dans la propriété, elle était retenue contre son gré, parce qu'on ne l'avait jamais vue à l'école.
C'était évident.
Un membre de la Confrérie de l'As de Pique digne de ce nom ne pouvait pas laisser un tel crime impuni. Il fallait faire quelque chose pour la secourir.
De son côté, Binocle s'était penché sur le passé de la maison que son docteur de père connaissait bien, et il était formel : on n'y avait jamais reporté de mort violente, il n'y avait même jamais eu de jeune fille y ayant séjourné. La thèse du revenant battait de l'aile. La théorie qu'avait ensuite émise Gordo selon laquelle ce pouvait être le fantôme de la fille décédée des nouveaux propriétaires n'avait pas de sens non plus. Les fantômes revenaient en général hanter les lieux où ils avaient vécu, pas une nouvelle résidence.
Et si c'étaient des kidnappeurs ?..
L'idée était intéressante et elle se tenait. La jeune fille que Cornélius avait vue serait retenue prisonnière par le couple à la voiture noire et ils attendraient une rançon. Ou alors on aurait affaire à des psychopathes qui prenaient un plaisir sadique à torturer leur victime, ce qui expliquerait l'apparence fantomatique de la jeune fille. Gordo l'avait vu dans un film.
Encore une fois, ce fut Binocle et sa logique implacable qui eut le dernier mot. S'il y avait une fille qui vivait dans la propriété, elle était retenue contre son gré, parce qu'on ne l'avait jamais vue à l'école.
C'était évident.
Un membre de la Confrérie de l'As de Pique digne de ce nom ne pouvait pas laisser un tel crime impuni. Il fallait faire quelque chose pour la secourir.
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